Pratique phare du slow sex, l’edging consiste à s’approcher de l’orgasme, puis à s’arrêter, pour mieux le décupler. Accessible à toutes et à tous, seul·e ou à plusieurs, cette technique invite à sortir de la course à l’orgasme pour redécouvrir le plaisir de l’attente. JOYclub, la première communauté sex-positive d’Europe, comptant plus de 7 millions de membres et qui rassemble célibataires et couples ouverts d’esprit, décrypte cette pratique avec WannxLesah, couple sexperts certifiés et membres JOYclub, qui rappellent qu’un jeu aussi puissant ne va pas sans cadre ni consentement.
AU BORD DE L’ORGASME : UNE PRATIQUE BASÉE SUR LA PATIENCE
Du mot anglais « edge », qui signifie « bord », l’edging consiste à rester volontairement au bord de l’orgasme, à s’arrêter, puis à recommencer. Objectif : retarder la jouissance pour en accroître l’intensité une fois atteinte. « Plus c’est long, plus c’est bon », dit l’adage. Avec l’edging, il n’est question ni de performance ni d’endurance, mais de temps : plus l’attente se prolonge, plus l’orgasme gagne en intensité.
Cette pratique s’inscrit dans le mouvement du slow sex, qui invite à se reconnecter à ses sensations en laissant le plaisir monter lentement. Elle prend le contre-pied du « vite fait, bien fait » et permet de sortir du culte de l’orgasme pour se concentrer sur l’instant présent.
CE QUE L’EDGING CHANGE DANS LE CORPS
Les effets de l’edging ne sont pas seulement physiques. En prolongeant la phase préorgasmique, le cerveau sécrète davantage de dopamine, l’hormone du plaisir, ce qui renforce l’intensité de la jouissance. Chez les hommes, la pratique permet également de repousser l’éjaculation et de maintenir l’érection : elle est d’ailleurs utilisée pour accompagner les personnes concernées par l’éjaculation précoce.
SOLO, EN COUPLE OU À PLUSIEURS : COMMENT S’Y PRENDRE ?
L’edging ne connaît aucune contrainte de genre ni de nombre de partenaires. En solo, il suffit d’alterner les stimulations et de s’accorder des micropauses au bon moment. À deux ou plus, les possibilités se multiplient. Le principe reste simple : laisser monter l’excitation doucement, en prenant le temps de développer les préliminaires et d’explorer des zones du corps habituellement peu sollicitées, comme la nuque, le dos ou les jambes. Lorsque l’excitation approche de son pic, on s’arrête quelques secondes, puis on reprend, et ainsi de suite, jusqu’au moment choisi pour se laisser aller. Seule précaution préalable : s’assurer que chacun des partenaires connaît la pratique et s’y sent à l’aise.
« TOUT CE QU’IL Y A AUTOUR » : QUAND LE DÉSIR DEVIENT UN TERRAIN DE JEU
Dans les pratiques BDSM, l’edging est souvent associé aux jeux de soumission, où l’un des partenaires contrôle le plaisir de l’autre : on parle alors de « déni d’orgasme ». Mais ces jeux ne sont plus réservés à cet univers, comme l’observent WannxLesah, couple D/s (dominant, soumise) qui partage sur JOYclub sa vision du BDSM et ses conseils pour débuter de manière saine.
« Jouer avec le désir de son ou sa partenaire est une pratique bien connue dans le milieu BDSM. Mais ces mécaniques ne lui sont pas réservées : bien utilisées, elles peuvent aussi s’inviter dans des relations plus « classiques »… et devenir absolument redoutables en termes de sensations » expliquent WannxLesah, couple sexperts certifiés et membres JOYclub.
Pour eux, l’intérêt de l’edging dépasse l’orgasme lui-même : « Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas uniquement le plaisir en lui-même, mais tout ce qu’il y a autour : l’attente, la montée, la tension, le manque ».
Concrètement, il s’agit de jouer avec l’excitation « comme si on surfait sur une vague, afin de retarder le plus possible l’orgasme ou l’éjaculation ». Et les effets se font sentir : « Le corps devient plus sensible, plus réactif, et lorsque l’orgasme arrive (s’il arrive), il peut être beaucoup plus intense ». Au-delà des sensations physiques, c’est tout un état d’esprit qui s’installe : « Ce qui est également notable, c’est cet état d’esprit qui s’installe, où l’on a l’impression de perdre pied, et où, clairement, on serait capable de supplier pour atteindre l’orgasme ».
CONTRÔLE, FRUSTRATION, ORGASMES RUINÉS : LA GRANDE FAMILLE DES JEUX DE DÉSIR
L’edging n’est que l’une des pratiques qui jouent avec la frontière entre plaisir et manque. WannxLesah en décrivent d’autres :
• le contrôle du plaisir, qui consiste à décider du rythme et de l’accès au plaisir de son ou sa partenaire, par exemple en autorisant ou non l’orgasme ;
• la frustration consentie, qui nourrit le désir par le manque, grâce au teasing, aux interruptions ou aux promesses qui tardent à se concrétiser ;
• les orgasmes ruinés, où l’orgasme survient, mais avec une intensité volontairement modifiée au dernier moment. Point commun de toutes ces pratiques : « On ne cherche plus seulement l’orgasme, mais tout ce qui se passe avant ».
Avec une règle d’or : « Le contrôle doit rester un jeu », car, rappellent-ils, « la frustration n’est pas là pour faire souffrir ou donner un sentiment de rejet, mais pour intensifier l’envie, ce qui peut donner une délivrance détonante ».
UN JEU SUR LA LIMITE, QUI DEMANDE UN CADRE CLAIR
Si l’edging ne présente aucun risque lorsqu’il est pratiqué en conscience, WannxLesah insistent sur un préalable : définir ensemble les règles du jeu. « Négocier le cadre, ce n’est pas casser la spontanéité, mais s’assurer du consentement de chacun pour passer le meilleur moment possible », soulignent-ils. « Il n’y a pas besoin d’un contrat de 10 pages, mais il y a besoin de clarté ».
Jusqu’où aller ? Joue-t-on avec l’orgasme ou non ? Comment gérer la frustration si elle devient trop présente ? Et sur quelle durée : « Un seul rapport ? Plusieurs semaines ? » Autant de questions à aborder en amont, en gardant à l’esprit que chacun peut mettre fin au jeu à tout moment.
Car la frontière est fine : « Répété ou mal dosé, l’edging peut devenir frustrant au point d’être désagréable. Il peut aussi fatiguer nerveusement, ou créer une tension qui ne redescend pas correctement », préviennent-ils. Ils mettent aussi en garde contre les excès : « Il faut également avoir conscience que trop de frustration peut créer un état émotionnel proche d’un état dépressif ».D’où leur conseil : « L’edging est un jeu sur la limite. Et comme tous les jeux sur la limite, il demande de l’écoute et de l’adaptation ». À propos de l’ensemble de ces jeux autour du désir, leur conclusion se veut rassurante : « Si vous les utilisez avec un cadre clair, une envie commune, et que cela ne constitue pas l’entièreté de votre sexualité, aucun risque : faites-vous plaisir ».
JOYCLUB, UN ESPACE POUR EXPLORER EN TOUTE BIENVEILLANCE
Sur JOYclub, l’edging fait l’objet d’échanges entre membres sur le forum, ainsi que d’articles et de cours d’éducation sexuelle accessibles à tous. « L’edging illustre parfaitement une tendance que nous observons au sein de notre communauté : l’envie de ralentir, de prendre le temps et de redécouvrir le plaisir de l’attente. Mais explorer de nouvelles pratiques ne doit jamais se faire au détriment du consentement. C’est tout le sens de JOYclub : offrir un espace sûr et bienveillant où chacun peut s’informer, échanger avec des membres expérimentés comme WannxLesah et avancer à son rythme, sans tabou ni jugement », déclare Louiza Papadopoulou, international marketing manager de JOYclub.